Ouverte en septembre 2010, La Fabrique du Pré Maho est
un hôtel au charme contemporain niché au cœur des
Ardennes, entre végétation luxuriante et ruisseaux
ondoyants. Une escale de luxe pour recharger durablement ses
batteries, dans un cadre à couper le souffle.
Conçue par la firme Thomas et Piron, la Fabrique du Pré
Maho a mobilisé toutes les forces vives de la société pour arriver
au résultat que l'on sait : un lieu d'hébergement
touristique jouissant des toutes dernières technologies
(domotique…), mais aussi des qualités d'une habitation à haute
performance énergétique (isolation renforcée, orientation au
Sud,…). Le tout dans un luxe et un confort dignes des plus grands
palaces. Avec cette petite touche cosy en plus, qui lui confère une
atmosphère comme nulle autre …
Une modernité assumée
La Fabrique du Pré Maho ne passe pas inaperçue… En effet, ce
volume atypique, aux accents ultra-contemporains, rompt avec les
maisons de pierres du village. « La grande force de ce projet
réside dans sa parfaite intégration à son environnement naturel, et
par l'acceptation, quasi unanime, de son entourage, examine
l'architecte. Des voisins qui, au départ, craignaient cette
construction, ont finalement loué une chambre, et ont été séduits
par le concept ». Cette première tentative d'architecture moderne
dans la région semble bel et bien avoir remporté l'adhésion de
tous. Un succès !
La Table de Maxime, le volet gastronomique
Le restaurant « La Table de Maxime » assure le trait d'union
avec le Pré Maho. Point commun ? Tous deux possèdent les mêmes
propriétaires et exploitants. Logé dans une bâtisse villageoise
rénovée, au design actuel et dans l'esprit du terroir,
l'établissement propose une cuisine innovante. Des produits de
tradition et de qualité sont travaillés par le jeune chef Maxime
Collard, ancien second du « Karmeliet » à Bruges et « Des forges du
Pont d'Oye » à Habay. Six chambres sont également proposées. Un
excellent complément au Pré Maho, pour conjuguer le plaisir à tous
les temps …
A la pointe de la technologie
La Fabrique du Pré Maho fait aussi la part belle aux dernières
techniques. Tous les vitrages sont triples, et du verre feuilleté a
été utilisé pour le garde-corps de la terrasse. La domotique a
également été installée dans chaque chambre (au nombre de trois,
plus un duplex). Un écran tactile permet ainsi de commander
l'éclairage, la musique, la température, les volets, le vidéophone,
et même la musique, via votre I Pod personnel,… « A terme, nous
envisageons de sensibiliser les gens à leur consommation d'énergie
via le système domotique, qui effectuera un relevé de leur dépenses
/ou leurs apports ». Une belle initiative, totalement
avant-gardiste et qui risque de susciter une certaine prise de
conscience chez les utilisateurs…
Le contexte de départ
Le terrain à la surprenante déclivité exigeait des astuces
architecturales pointues que l'architecte du projet, a su relever
avec créativité. Au départ, la parcelle prévoyait la construction
d'une habitation. Progressivement, le projet a dévié vers un
bâtiment de type passif, et l'idée d'un logement touristique a
finalement pris forme. De là, la nécessité de jouir d'un grand
débit d'eau chaude au même moment s'est imposée, et une chaudière
au propane a été installée. Cette dernière exigeant une ventilation
directe vers l'extérieur, le titre de « maison passive » a été
troqué contre celui de « haute performance énergétique ». « Une
maison passive se doit d'être parfaitement étanche à l'air. Ceci
afin d'éviter toute fuite d'énergie. Dans un hôtel, où plusieurs
douches doivent pouvoir être prises en même temps, c'était
impossible ».
Les inévitables contraintes techniques
La hauteur du bâtiment (qui atteint 14 mètres au faîte et 9
mètres à la plate-forme), a imposé des colonnes en inox afin de
soutenir le volume en porte à faux du bâtiment. « Ce dernier a été
réfléchi dans un but à la fois technique et esthétique, explique
l'architecte. En effet, un édifice d'un seul bloc aurait dévisagé
le paysage. Certains piliers sont par ailleurs nécessaires au
soutien de la structure de la terrasse désolidarisée du reste du
bâtiment ».
L'urbanisme a également imposé que la bâtisse respecte
l'homogénéité du volume à travers une toiture symétrique, à deux
pans. « Grâce à l'artifice des protections solaires en afzélia,
nous avons pu respecter ces contraintes ». Enfin, un morceau de
roche récalcitrante (qui a été impossible à déplacer) a nécessité
de modifier l'emplacement des escaliers intérieurs. Un imprévu
typiquement ardennais !
« Nous sommes localisés aux limites de l'arrondissement, précise
l'architecte. Pour cette raison, je pense que l'urbanisme a été
plus souple que si nous nous étions situés en plein centre de la
bourgade, où notre projet aurait tout simplement été inimaginable
».
La fine fleur de la déco
Frédérique Sosson, décoratrice Thomas et Piron, s'est chargée de
l'aménagement intérieur du lieu. « Nous avons voulu un mobilier qui
se différenciait de ce que l'on trouve habituellement dans un
hôtel. Ceci afin d'apporter à l'endroit davantage de charme, de
personnalité, et d'exclusivité ». La décoratrice n'a pas hésité à
chiner, détourner des meubles et objets, et fouiller des dizaines
de boutiques à la recherche des pièces rares qui habilleraient
l'hôtel le plus élégamment possible. « La décoration du Pré Maho
est de l'ordre du ressenti. Alors que l'extérieur joue la carte de
la modernité, à l'intérieur, on retrouve un style ardennais, à la
fois charmant, confortable et accueillant ».
Parmi les nombreux éléments phares, épinglons entre autres les
assiettes d'antan agrandies et gravées sur un support approprié,
les armoires imprimées « bibliothèques », ou encore les photos XXL
d'un photographe local, Anthony Dehez, qui a notamment immortalisé
les gens du coin… Une foule d'anecdotes ont jalonné la décoration
de l'hôtel, lui conférant un « petit supplément d'âme », en dépit
de son jeune âge… Et qui donne invariablement envie d'y déposer ses
bagages.
Des accessoires écologiques
Frédérique Sosson a également orienté son travail dans la lignée
« écologique » de la maison, à travers l'utilisation de matières
naturelles. « Les canapés, les stores et le linge de lit sont, par
exemple, en lin. Nous n'utilisons que des produits verts pour les
laver. Les sommiers se déclinent quant à eux en poils de yack, pour
une literie saine ». Le bois, un chêne blanchi et brûlé, constitue
un véritable fil conducteur à travers l'édifice. On le trouve ci et
là au plafond et aux murs, au sol,… Toutes les portes des placards
lui rendent également hommage. Sans oublier les tabourets, les
tables de chevet et autres tablettes… Le métal est lui aussi
présent à travers de grands vases, dans un jeu d'éléments bruts
suscitant un sentiment de paix et de bien-être.
La luminosité de haut en bas, de
droite à gauche
L'architecte a privilégié la clarté. D'abord par l'orientation
au Sud, mais également à travers des vitrages donnant sur
l'intérieur du bâtiment. « De cette façon, la lumière circule sans
entraves, ce qui était une priorité ». Dans un souci d'intimité,
des stores ont été aménagés à toutes les fenêtres. Une bonne façon,
également, de doser l'exacte quantité de lumière dont on souhaite
profiter… Le projet envisage par ailleurs d'aller encore plus loin
en créant, à moyen terme, une passerelle métallique de 20 mètres de
long menant à un cube de verre de 3 m X 3 m permettant d'aller
chercher le soleil en fin de journée… Une espèce de salon-solarium
pour de lumineux crépuscules…
1001 tableaux
Où que l'on se trouve dans la maison, les fenêtres offrent des
vues différentes, allant du ruisseau à la petite église
villageoise, en passant par la végétation foisonnante, les bois… «
Chaque endroit a son charme », souligne l'architecte. Ces panoramas
champêtres se dévoilent à travers les fenêtres en bandeaux de la
bâtisse, qui s'inscrivent parfaitement dans l'architecture
contemporaine du projet. Notons également que tous les vitrages
intérieurs présentent de hautes performances acoustiques,
préservant de la sorte le calme et la quiétude du lieu. «
L'encadrement des fenêtres a été renforcé avec du métal afin
d'encore améliorer l'isolation acoustique », précise
l'architecte.
Eclat, faste et harmonie
Pour une nuit ou une semaine, le duplex de 150 m2 permet de
lâcher prise dans un cadre relaxant. Le salon, dans des tonalités
blanches et caramel, abrite de douillets canapés beiges. Il mène à
une terrasse offrant une vue plongeante sur la campagne
environnante. Un peu plus loin, la cuisine joue le minimalisme. Les
plans de travail s'y déclinent en granit anthracite adouci. Un îlot
central invite à la convivialité, tandis qu'une fenêtre donnant sur
la cage d'escalier permet de conserver un contact visuel avec le
bâtiment.
La salle à manger recèle une table carrée en trespa pouvant
accueillir huit convives. La hotte a habilement été dissimulée dans
un caisson en MDF blanc. « Il s'agit d'un modèle avec filtre
intégré car dans une maison à haute performance énergétique -
limite passive - les conduites vers l'extérieur sont prohibées afin
de ne pas laisser s'échapper l'énergie ».
Une porte coulissante en bois, totalement invisible, mène à un
hall avec vestiaire et WC. L'éclairage de la pièce est assuré par
un melting-pot de spots encastrés et de lustres chinés, du plus bel
effet.
L'escalier, dont les trois premières marches présentent un
savant « décalé », nous conduit à la chambre, aux tonalités chaudes
et sensuelles. Des tapis douillets et des tons terreux incitent à
la détente. Le bois de chêne côtoie ici la blancheur des murs pour
un contraste étudié.
Une salle de bain
princière
Gigantesque, tout de marbre vêtue, la salle de bain affiche une
blancheur immaculée. « Cette pièce de style contemporain tranche
résolument avec le côté cosy de la chambre, note Frédérique Sosson.
Cette opposition était voulue car nous aimons susciter la surprise,
tout en maintenant une constante dans la qualité des matériaux
».
Du bain, une vue sur la végétation offre un tableau idyllique,
tandis que les deux lavabos en forme d'œuf s'inscrivent pilepoil
dans la tendance. Une vitre sépare
cet espace de la douche, de dimensions royales. « Nous avons
choisi d'installer deux pommeaux côte-à-côte, pour que les couples
puissent en profiter au même moment ». Cette particularité se
retrouve dans la suite, mais avec des douches situées, dans ce cas,
face à face.
Enfin, un WC en marbre noir rompt la linéarité du blanc, tout en
maintenant une continuité dans le matériau. Epinglons aussi les
leds bleus au sol et au plafond, conférant une douce ambiance.
Le schiste et le bois
Outre le duplex, deux chambres de dimensions standards et une
suite permettent d'accueillir un total de neuf personnes. Les
salles d'eau (hors duplex) font la part belle au schiste, que l'on
retrouve au sol et au mur. Notons que le schiste a également été
choisi pour orner l'escalier au limon à crémaillère de la bâtisse,
dont les garde-corps se déclinent en filins métalliques aériens,
pour un sentiment de légèreté savamment élaboré.
Une isolation renforcée
Nous l'avons vu, la maison est à haute performance énergétique.
Pour y parvenir, l'accent a été mis sur l'isolation, avec 45 cm
d'isolant en toiture et 36 cm ailleurs. Cet isolant se compose de
polyuréthane et de polystyrène graffité (du polystyrène expansé de
plus grande densité a été utilisé pour les parties enterrées).
L'étanchéité a été posée par-dessus, avant le bardage en afzélia,
un bois solide et imputrescible. « Cette maison à haute performance
énergétique a été conçue selon la plus pure tradition, en
maçonnerie, ce qui n'est pas habituel pour une bâtisse présentant
de telles performances énergétiques. Contrairement au bois, ce
matériau apporte une grande inertie thermique, ce qui est très
positif ».
Etant donné son haut degré isolation, la maison a été dotée
d'une ventilation mécanique contrôlée (VMC) à double flux. Ce
système permet de récupérer la chaleur de l'air expulsé.
Concrètement, celui-ci traverse un échangeur de chaleur avant
d'être rejeté vers l'extérieur. L'air froid neuf retraverse cet
échangeur et récupère environ 60 à 65% de la chaleur, avant d'être
redistribué dans les pièces de vie. L'air vicié et l'air neuf sont
contrôlés par deux ventilateurs au lieu d'un seul. Ce système
permet une économie de chauffage d'environ 15% par rapport à une
VMC simple flux classique, et d'environ 8% par rapport à une simple
flux hygrorégulée. L'avantage ? Ce dispositif permet au bâtiment
d'être aéré régulièrement et correctement sans devoir ouvrir les
fenêtres.
Une maison mi-enterrée sur pilotis
Etant donné la déclivité, l'architecte a préconisé un projet qui
s'intègrerait aux particularités du terrain. « J'ai proposé un plan
de bâtisse sur pilotis, mi-enterrée, et rejoignant le niveau de la
rue côté arrière. L'entrée principale est d'ailleurs située à cet
endroit ». Complètement enveloppée de bois, la bâtisse présente,
sur ses deux façades principales, un contre-bardage en zinc gris. «
Cette astuce va permettre au bois de vieillir de façon uniforme.
Sans elle, le bois se ternirait en effet beaucoup plus rapidement
». Rappelons que ce bardage sert également de persienne en toiture,
un moyen très efficace de se protéger des rayons solaires en
été.
Une myriade de matériaux bruts en façade
De la pierre du pays, du crépi, un bardage en zinc et en bois,
des châssis capotés d'aluminium (pour protéger l'isolant sur lequel
le vitrage a directement été posé), du zinc traité inox sur la
partie basse du volume suspendu, des piliers en inox… Vu de
l'extérieur, l'hôtel propose de nombreux matériaux bruts misant sur
l'authenticité, mais aussi la simplicité. A ce sujet, mentionnons
les gouttières intégrées dans le bardage, totalement invisibles à
l'oeil nu, pour un effet subtilement épuré.
Un terrain bientôt revégétalisé
La parcelle, en forme de triangle, conduit du parking à l'entrée
via un sentier ponctué de croûtes de pierres bleues. Un peu plus
loin, des rambardes en chêne (coupé directement sur place),
d'allure très typique, peaufinent la zone d'accueil. Devant la
porte, un totem lumineux souhaite la bienvenue. « Un parking sera
prochainement aménagé à proximité de la porte d'entrée », note
l'architecte. Le terrain, déboisé pendant la construction, a
récemment été revégétalisé grâce à de nombreuses plantations de
fougères, mais aussi d'érables, de noyers, de fruitiers sauvages -
principalement des essences régionales… « Dans peu de temps, le
bâtiment sera complètement intégré à la végétation », note Philippe
Devos. Un peu comme s'il avait toujours été là…
La Fabrique du Pré Maho, un nom chargé
d'histoire…
L'appellation rappelle d'une part le nom que donnaient les
architectes de jardins du 17ème au 19ème siècle à de petits
édifices ou pavillons dans les parcs ou jardins. Ceux-ci servaient
généralement à ponctuer le parcours ou à marquer un point de vue
pittoresque. Prenant les formes les plus diverses, voire
extravagantes, elles évoquent en général des éléments
architecturaux inspirés de l'Antiquité, de l'histoire, de contrées
exotiques ou de la nature. La fabrique se réfère d'autre part à une
tradition villageoise.
Le Pré Maho est en effet le nom d'une pâture proche de l'hôtel
où les anciens y érigeaient des digues pour irriguer les pâtures
avoisinantes. Par ailleurs, au droit de l'emprise du bâtiment, on
avait coutume d'y construire autrefois des charpentes en bois pour
les maisons du village, activité auquel le nom du site, « le bâti »
se réfère
En choisissant cette appellation, il s'agissait donc de rappeler
le nom de ces lieux- dits, tout en pointant la destination finale
de la maison.
En conclusion…
Un hôtel offrant un confort optimal dans une atmosphère
douillette, idéale pour se ressourcer, au cœur de la forêt.
L'architecture et la décoration se complètent merveilleusement,
dans un contraste finement étudié. Une parenthèse de sérénité, pour
tous les citadins stressés en quête de mieux-être.